Le Mozambique : c'est en Afrique ça non ?

Depuis samedi, la presse, les réseaux sociaux ainsi que les chaines d'informations en continu, se régalent avec l'événement qui s'est déroulé samedi à Paris, sur la plus belle avenue du monde. Les propos du ministre de l'intérieur de la semaine dernière, consistant à presque nier l'existence d'un mouvement maintenant bien connu appelé "Gilets jaunes", ont éveillé la colère de ces derniers qui ont voulu prouver le contraire.

Le bilan ? Des symboles de richesse brûlés comme des banques, quelques manifestants et policiers blessés, plusieurs personnes se retrouvant au chômage technique ainsi que des manifestants toujours aussi mécontents.

Le prix à payer ? Environ 200 millions d'euros selon la FFA (Fédération Française de l'Assurance).


Quelques jours auparavant, dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mars, le Mozambique fût frappé par un violent cyclone, portant le nom d'Idai, qui s’est déchaîné pendant des heures interminables en crachant vents violents ainsi que pluies diluviennes. Mais tout d’abord, arriveriez-vous à placer ce pays sur une carte du monde ? Il se situe sur la côte Sud-Est africaine, entre le Zimbabwe et l'île de Madagascar.

Alors que les assurances établissent leurs plans pour relever la boutique Longchamp ou bien le Fouquet’s, des familles cherchent des membres disparus, emportés par le courant de l’eau ou bien écrasés par l’écroulement d’une maison. Le président mozambicain Filipe Nyusi parle de “corps qui flottent”, aux endroits autrefois habités qui laissent désormais place à de véritables marécages urbains. Le bilan humain est lourd : les autorités craignent environ 1 000 morts, et 100 000 habitants sont dans la nécessité d’aide alimentaire ; tandis que le bilan matériel est catastrophique. En effet, la région de Beira (la seconde ville du pays, comportant environ 500 000 habitants) a été dévastée à 90%. Ce pourcentage correspond à 873 maisons, 24 hôpitaux ainsi que 267 classes d’écoliers inutilisables, pour ne pas dire complètement détruits (bilan provisoire érigé par l’Institut mozambicain de gestions des désastres). A partir de ce bilan simplement provisoire qui verra peut-être ses chiffres augmenter lors des prochains jours, on peut supposer en plus du désastre humain, une catastrophe économique et sociale qui s’en suivra juste après que le pays ait fini de compter ses morts. Des enfants ne pouvant plus aller à l’école, des malades ne pouvant recevoir les soins nécessaires, une population qui ne peut plus recevoir de vivres vu l’état des voies de communication : tel est l’état de ce pays peu connu de notre société.


Quel aurait été l’écho dans notre actualité si la même situation avait eu lieu dans un pays voisin comme l’Italie ou l’Allemagne ? Ou bien en France, dans une ville comme Lyon qui compte elle aussi 500 000 habitants ? Il est évident et indéniable que les gros titres ainsi que les débats se porteraient autour de cette situation heureusement fictive.


Comment pouvons-nous être sensibilisés sans renseignements ?



Malheureusement, elle est bien réelle dans une autre partie du monde, et aucun média n’y accorde ne serait-ce qu’un gros-titre. Après avoir consulté tous les numéros de presse du vendredi 15 au mardi 19 mars du Figaro, de Libération, du New-York Times ainsi que le numéro du Journal du Dimanche, l’heure est à la stupéfaction. Non seulement, aucun titre sur la situation n’y figure, mais surtout, le problème n’est qu’aucun d’entre eux ne traite du sujet ; à part Libération, qui accorde le 19 mars, soit quatre jours après le désastre, un article se trouvant à la onzième page du numéro ; qui se lit en quelques secondes et qui relève plus de la bonne conscience que de la réelle sensibilisation. En revanche, des pages entières sont consacrées à des publicités Rolex ou Chanel. Dans le New-York Times, à la catégorie « World » du 19 mars, aucune ligne sur le Mozambique, par contre, un article complet sur les vilains Gilets jaunes.


Cependant, il ne faut pas être mauvaise langue. Quelques articles internet sont consacrés à la situation du Mozambique. Il suffit de taper dans la barre de recherche “Mozambique cyclone” pour y trouver des informations, avec notamment un bon reportage photos de Libération (dont sont tirées toutes les photos ci-présentes) ainsi qu’un article détaillé de la situation fait par le Figaro.


La critique ne se tournera pas cette fois vers les chaines d’infos en continu, que je n’ai pas regardé depuis vendredi, mais qui ont sans aucun doute passé leur temps à savoir qui étaient les méchants entre la Macronie ou bien le peuple agacé par la même politique qui dure depuis plusieurs décennies, autour d’éditions spéciales, plateaux télévisés, débats, envoyés spéciaux etc ... Ces chaines feront l’objet de critiques ultérieures, tant elles sont quotidiennement critiquables. La pierre est cette fois-ci jetée sur les revues de presse citées plus haut. Le problème ici-ciblé est que même si on trouve plusieurs articles concernant la situation du Mozambique sur Internet, il faut d’abord y être sensibilisé. Si personne n’est au courant, évidemment que personne n’ira chercher sur internet ce qui se passe dans un pays aussi lointain. Il n’est pas normal de devoir aller chercher l’information pour une telle catastrophe, elle devrait nous parvenir comme le font tant de futilités. C’est en ce sens que les médias qui touchent directement la population, par le biais de gros titres ou bien de chaines de télévisions entièrement consacrées à l’actualité, devraient avoir un vrai rôle de sensibilisation afin que nous puissions développer des moyens plus importants pour les aider.


Car si nous ne pouvons pas aider cette population qui se retrouve soudainement dans la nécessité urgente, alors que nos supermarchés débordent de surplus alimentaires ou vestimentaires qui finissent dans les poubelles, qui pourra le faire ?


En souhaitant plus de responsabilités vis-à-vis de l’humain de la part des médias.


H.B

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