Ouganda : une nouvelle lutte commence.



Le dimanche 13 octobre 2019, M6 présentait dans l’émission Enquête exclusive un reportage intitulé “Homophobie dans le monde : aux racines de la haine”. Dans cette enquête, la réalisatrice Michaëlle Gagnet parcourt la France, la Tunisie, les Etats-Unis et l’Ouganda afin d’interroger des personnes victimes d’homophobie. Il est possible de s’intéresser au cas de l’Ouganda, où un projet de loi désirant appliquer la peine de mort aux homosexuels fait polémique depuis le début du mois. Au-delà de condamner l’homophobie, qui ne ferait qu’enfoncer une porte déjà grande ouverte, cet article expose quelques faits concernant la vision de l’homosexualité dans ce pays situé entre la République Démocratique du Congo et le Kenya, à l’ouest de la Corne de l’Afrique.


Un article du Figaro datant du 06 septembre 2018 dresse un bilan de l’Enquête mondiale sur le droit à l’orientation sexuelle réalisée par l’Association Internationale des Personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans et Intersexes. Cette enquête, réalisée en juin 2017, expose neuf pays qui condamnent à mort cette orientation sexuelle qualifiée dans la majorité des cas de “déviante”: la Mauritanie, la République du Soudan, le Nigéria, la Somalie, le Yémen, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Afghanistan et les Emirats arabes unis. Dans ce bilan, l’Ouganda est placé parmi les nombreux pays condamnant l’homosexualité à la prison à perpétuité. Mais peut-il devenir le dixième état de cette liste déjà trop longue ?


La question est légitime puisque le ministre de l’Ethique et de l’intégrité, Simon Lokodo, envisageait au début du mois d’octobre une loi appliquant la peine capitale pour “le sexe contre nature” ainsi que sa “promotion”. Le terme de “promotion” est important, car il remet en cause l’existence de toutes les organisations LGBT qui se combattent afin d’élargir le droit ougandais à ce sujet. Cependant, un article de Libération datant du 15 octobre dernier nous rassure au sujet de cette loi puisque la porte parole de la présidence ougandaise l’aurait démenti en exposant que “le code Pénal traite déjà les problèmes de comportement sexuels non-naturels”, à savoir en les condamnant à la prison à perpétuité.

En Ouganda, être un militant LGBT, c’est risquer sa vie.

En 2009 et 2014, des lois semblables à celle prônée par Simon Lokodo furent proposées, mais la décision des autorités favorisa à chaque fois la prison à la peine capitale. Nonobstant le refus de ces lois, le militant des droits LGBT travaillant pour l’organisation Sexual Minorities Uganda (SMUG), Pepe Julian Onziema, alerte que “la dernière fois qu’une loi similaire a été présentée, l’homophobie et les crimes de haine ont été attisés”, en témoigne la mort de l’activiste LGBT Brian Wasswa, qui fût retrouvé sauvagement assassiné à son domicile le 05 octobre dernier.


Dans une interview accordée à l’organisme Civicius datant de 2011, Pepe Julian Onziema racontait déjà son quotidien difficile en tant qu’activiste LGBT. Il explique par exemple, qu’il est déjà allé deux fois en prison pour des raisons injustifiées. Ou encore, victime de son importance médiatique, des policiers le reconnaissant dans la rue s’amusaient à l’intimider. Par rapport au sujet de l’intimidation, il est possible de se référer à un article du Monde datant du 17 août 2017 qui titrait “Ouganda : intimidée par la police, la communauté LGBT annule la Gay Pride”, préférant protéger les personnes qui souhaitaient manifester. Telle est la situation par rapport à l’homosexualité en Ouganda, qui devra être vigilant aux sursauts de haine qui feront probablement leur apparition dans les jours qui viennent.


En espérant que le souffle de l’intolérance n’éteigne jamais la flamme de la raison.


(image tirée du Monde)


H.B

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