Pour un 6 février permanent.

La photo ci-dessus vous évoque quelque chose ? Il est probable que non, et pourtant, elle a été utilisée pour de nombreux articles datant du 6 février. Pourquoi cette photo, pourquoi cette date ?


L’objet métallique qui se trouve sur le bout des doigts de cette femme est un outil fabriqué à partir d’un clou, afin de pratiquer l’excision chez une jeune fille ; et le 6 février dernier, se tenait la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Alors que l’UNICEF annonçait en 2016 qu’il y avait environ 200 millions de femmes excisées dans le monde, il est possible de remarquer une progression dans la pratique de cet acte vu qu’en 2014, elles étaient 140 millions, comme le précise un article du Cosmopolitan datant du 6 février 2019. Alors que nos médias attendent la journée internationale pour traiter du sujet, cet article parle au nom de toutes les femmes qui souffrent de cette pratique dangereuse.


L’excision a plusieurs pratiques mais différentes conséquences. Au sens strict du terme, elle concerne l’ablation d’une partie du tissu biologique. La circoncision chez les petits garçons peut être considéré comme une sorte d’excision ; mais cette ablation du prépuce est faite pour des raisons religieuses et ne comporte guère de danger sur la personne qui la subit. En revanche, l’excision féminine est quant à elle réputée pour avoir des conséquences dramatiques sur les victimes.

En premier lieu, les témoignages recueillis par des jeunes filles qui ont connu l’excision traitent tous du traumatisme psychologique de ce rituel, l’acte étant sanglant et très douloureux. Ensuite, les conséquences peuvent être plus dramatiques qu’une simple douleur physique. Elles sont parfois à l’origine d’infections, de stérilité ou encore de grandes difficultés pendant l’accouchement.

Il existe deux sortes principales de Mutilation Génitale Féminine (MGF) : la première est le fait de suturer les lèvres de l’appareil génital, acte que l’on nomme “infibulation” ; la seconde est l’ablation de la partie externe du clitoris ainsi que de l’ablation des petites lèvres. Certaines femmes connaissent les deux pratiques à la fois.

Cette pratique est censée être un rituel qui permet à la jeune fille de devenir une femme, et pourtant, ce sont parfois des bébés qui subissent cette pratique (cf. photo ci dessus, tirée d’un article datant du 4 octobre 2018 sur le média C’est le moment).


Elle est pratiquée dans une trentaine de pays notamment en Afrique, en Asie et en Europe, comme en témoigne la condamnation datant de début mars d’une mère de famille au Royaume-Uni pour avoir excisé sa fille de trois ans. Le podcast datant du 6 février dernier, dans la rubrique “Priorité Santé” sur le média RFI, nous explique que dans certains pays de la corne de l’Afrique, ce sont entre 85 et 99% des femmes qui connaissent ce rituel.


Le but n'est pas d'empêcher la reproduction mais de priver les futures femmes du plaisir sexuel.

Un article de Madame Figaro mis en ligne le 04 mars traite de l’intervention faite par notre Secrétaire générale en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, sue le plateau du Grand Jury RTL, Le Figaro et LCI. Sur ce plateau, après avoir déclaré que 60 000 personnes étaient excisées en France, madame Schiappa annonça qu’une “grande campagne de communication” a été lancée sur les réseaux sociaux. Mais où est cette campagne ? Il serait intéressant d’avoir un chiffre sur les personnes touchées par celle-ci.


A part la journée du 6 février, il semble que ce sujet est un oubli majeur de l’actualité. Encore une fois, un sujet pourtant important n’est pas mis en avant dans les informations. Il faut faire des recherches pour avoir des précisions. Le 6 février, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, déclarait “ En cette Journée de la tolérance zéro, je lance un appel en faveur d’une action accrue, concertée et mondiale pour mettre fin aux mutilations génitales féminines et garantir pleinement le respect des droits fondamentaux des femmes et des filles”. Mais face à cette absence d’informations, nous, simples citoyens, ne pouvons pas aider ces femmes qui souffrent ; alors qu’une multitude d’associations pourraient être créées, des dons pourraient être envoyés, ainsi que beaucoup plus de moyens que l’humain est capable de développer quand il est face à une situation de crise ; du moins quand il est averti.


A cette occasion je vous invite, vous lecteurs, à aller consulter les travail que fait l’association “Excision, parlons-en” ou bien de vous intéresser au parcours de Nice Nailantei Leng’ete, qui après avoir arrêté ce rituel dans son village d’origine de Kimana au Kenya, est devenue l’ambassadrice de l’ONG Amref Flying Doctors. Il est possible de saluer le Time Magazine qui l’a élue en 2018 comme l’une des “100 femmes les plus influentes du monde”.


En estimant que la tolérance zéro, face à de telles souffrances, ne devrait pas se réduire à une seule journée.


H.B

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