Rapatriement des Français : la bonne gestion du cas philippin.


Les 19 et 20 mars, il était possible de lire sur le Nouvel Obs, France Info ainsi que France Bleu, les titres suivants :

« Tous les vols sont annulés : la galère des Français bloqués aux Philippines en raison de l’épidémie de coronavirus » ; « Romain, bloqué aux Philippines : « Les billets peuvent atteindre 5 000 euros pour rentrer en France » ; « Coronavirus : des Gardois coincés aux Philippines et abandonnés par la France ».


A l’heure où l’Organisation Mondiale de la Santé décompte le nombre de cas atteints par le Covid-19 qui ne cesse de croître (près de 300 000 aux États-Unis), chaque État tente, selon ses moyens, de faire rapatrier ses nationaux.

Certains états comme la Thaïlande, au moment de l’explosion de la pandémie, comptait près de 5000 français partis en vacances pour profiter d’îles paradisiaques, et qui finalement, se retrouvent bloqués dans des aéroports bondés, à des milliers de kilomètres de leur famille. Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, a assuré vouloir faire rentrer les Français « le plus vite possible », « dans les jours qui viennent », via des « vols commerciaux spéciaux », que les compagnies aériennes sont en train de mettre en place en accord avec les pays concernés.

Cependant, un des exemples peu connus d’un rapatriement qui, pour l’instant, démontre son efficacité, a justement lieu aux Philippines, contrairement à ce qu’avancent les médias cités plus haut. Archipel comptant près de 7 000 îles, dans laquelle plus de 1 000 Français se sont retrouvés bloqués à la suite du discours prononcé par Emmanuel Macron le lundi 16 mars ; succédant à la suspension des liaisons aériennes, maritimes et terrestres vers Manille, par le Président philippin Rodrigo Duterte le 15 mars.


Cette efficacité s’est démontrée par deux actions qu’il est nécessaire de mettre en avant :

  • Premièrement, par le travail de l’ambassade qui a appelé tous les Français à se manifester et à s’inscrire sur des listes correspondant à chaque îles afin de trouver un moyen de se déplacer et retrouver Luçon, la plus importante du pays, où se situent les deux principaux aéroports.

  • Deuxièmement, grâce aux résidents français auxquels il était demandé de faire preuve d’entraide, en accueillant leurs compatriotes bloqués et de les aider dans leurs démarches.

Français embarquant via la compagnie Qatar Airways.

Le travail de négociation s’est fait auprès des compagnies aériennes du Golfe, et notamment Qatar Airways, qui a finalement accepté d’effectuer un premier vol Manille-Doha-Paris.

La difficulté pour le ministère des Affaires étrangères était alors de trouver un vol pas cher pour les touristes, qui avaient pris leur billet en avance ou avaient utilisé leurs dernières économies pour se rapprocher et trouver un lieux où loger près de l’aéroport, les hôtels fermant leurs portes tour à tour.

Un premier avion a atterri à Manille le 24 mars et un second le 1er avril. Grâce au système de recensement par listes des touristes bloqués sur les îles, les deux avions ont pu ramener autant de français que de places disponibles : 406 Français et 6 Européens pour 412 places dans le premier avion ; 390 Français et 22 Européens pour 412 places dans le second.

Concernant le prix du billet, les Français n’ont rien eu à payer à l’embarquement, et auront à payer à leur arrivée seulement 300 euros au Trésor Public d’ici le 1er juillet, contrairement à ce qu’avançait le Nouvel Obs ; et tout cela grâce à la négociation faite par le ministère des Affaires étrangères avec la compagnie Qatar Airways.

Photos du ministère des Affaires étrangères.

Près de 800 français ont pu alors rentrer chez eux et retrouver leurs familles, les 500 restants se trouvant sur des îles difficilement accessibles, et d’autres ne s'étant toujours pas manifestés.

Cependant, ces derniers ne tarderont pas à rentrer chez eux, l'ambassade ayant prévu pour le mardi 07 ou le mercredi 08 avril des vols de pré-acheminement vers Manille pour les îles de Bohol, Palawan, Siargao ou encore Mindanao.


La situation des Français bloqués aux Philippines reste à suivre, mais celle-ci pourrait servir d’exemple dans cette crise que traversent tous les touristes, nationaux à l’étranger et les différentes ambassades.

Rédacteur de Juges de l’actu.

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