Un paradoxe inquiétant.

Depuis quelques temps, la disparition progressive des abeilles est la cause de beaucoup d’inquiétudes concernant notre futur. La situation est grave, mais l’homme n’agit pas ; en témoignent les nombreuses vidéos où différents apiculteurs expriment leur ras-le-bol. L’absence d’informations concernant le sujet joue probablement dans le manque de sensibilisation. Pourtant, nous sommes conscients que les abeilles sont importantes pour la prospérité de la flore, mais quel est leur rôle exact ? Est-il majeur dans le phénomène de pollinisation ? Est-ce réellement une espèce en voie de disparition ?


Le 06 juin dernier, France 2 publiait un numéro d’Envoyé spécial intitulé Un monde sans abeilles. Quelques chiffres concernant l’extinction progressive de l’espèce interpellent et inquiètent : en France, la production du miel a été divisée par trois au cours des vingts dernières années. Un article publié le 11 juin dans l’Humanité signale que ce sont près de 300 000 colonies d’abeilles qui meurent par an. Aux Etats-Unis, 70% des colonies ont été décimées les trente dernières années. Le quotidien régional Est républicain titrait le 31 mai dernier “Un mois de mai meurtrier pour les abeilles”. Bien que ce mois de l’année est un des plus importants pour les abeilles car le début du printemps apporte une abondance de pollen et de nectar, il est nécessaire de signaler que chaque mois sera meurtrier si rien ne change.


Deux causes de cette évolution inquiétante sont à dénoncer : les pesticides et le changement climatique.


Les pesticides employés dans les champs agricoles sont la cause majeure concernant la mort des abeilles, comme l’expriment des apiculteurs désespérés qui montrent leurs nids où gisent une multitude de cadavres d’abeilles. La conséquence est dangereuse, sachant que la pollinisation est essentielle pour permettre aux plantes et aux arbres de produire graines et fruits. Le paradoxe à soulever ici est que la pollinisation permet la production de 35% des ressources alimentaires de la planète et de 65% de la diversité alimentaire qui nous parvient, selon l’article de l’Humanité. Cependant, les pesticides sont employés afin d’atteindre une culture plus intense, nécessaire à une planète qui voit sa démographie croître au fil du temps. Le paradoxe est donc qu’on met en péril des pourcentages importants de notre qualité alimentaire afin d’atteindre une intensité qui sera vaine dans un environnement perturbé. L’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) déclare en 2013 que les abeilles sont responsables de 80% de la pollinisation.


Plusieurs solutions émergent à la suite de ces problèmes. Par exemple, l’apiculteur étasunien présenté dans le reportage de France 2 importe des camions entiers remplis de colonies d’abeilles, et les dispose dans un champ d’amandiers qui nécessite une pollinisation via les insectes pour être prolifique. Cependant, une autre solution fait froid dans le dos et rappelle étrangement un épisode de la série Black Mirror, qui s’est déjà montrée visionnaire pour le cas des notes concernant les citoyens chinois. En effet, des entrepreneurs étasuniens ont mis en place un drone qui remplace les insectes pollinisateurs. Le reportage le présente comme un outil efficace pouvant travailler la nuit (contrairement aux abeilles) et qui augmente de 25% la production des amandiers à 50% celle des pommiers et des cerisiers. Malgré ce vent d’espoir, les chiffres restent relatifs quant à la production perdue, vu le pourcentage de colonies qui disparaissent.


Face à cette menace, une question majeure me vient à l’esprit : devrons-nous reproduire technologiquement toute la nature que nous détruisons ?


H.B

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